Les prairies de l'honneur

Arte
20:50 - 22:30

En 1863, alors que la Virginie est dévastée par la guerre de Sécession, le fermier Charlie Anderson élève seul ses sept enfants et même ses petits-enfants. Bien que les combats se déroulent non loin de chez lui, il refuse de laisser l'un de ses fils rejoindre l'armée du Sud et n'hésite pas à corriger les affairistes chargés de la remonte de la cavalerie. Jennie, sa fille, épouse Sam, un voisin. Lorsque ce dernier part pour le front le jour des noces, dans les rangs des Confédérés, Charlie comprend qu'il ne pourra plus rester neutre longtemps. Son plus jeune fils, Boy, est le premier à pâtir de la guerre. Il est arrêté et jeté en prison par les soldats de l'Union... Critique : | Genre : tragédie familiale. Durant les années 1960, Andrew V. McLaglen (Le Grand McLintock, Chisum), artisan hollywoodien réputé pour son savoir-faire, dirige une série de westerns aux budgets confortables et aux castings prestigieux. Dans celui-ci, James Stewart incarne un ­fermier de Virginie pendant la guerre de Sécession, farouchement attaché à sa neutralité : il ne fait pas travailler d’esclaves et refuse que ses fils soient enrôlés sous les drapeaux du Sud. Mais le conflit, à la manière d’une maladie, gagne peu à peu du terrain chez lui : les deux camps multiplient les embuscades sur son domaine ; son gendre ­rejoint les troupes sudistes juste après son mariage à l’église ; l’un de ses garçons, pris pour un confédéré, est fait prisonnier par les nordistes. La sauvegarde de la famille ­devient, au-delà de toute idéologie, motif d’engagement. Formé sur les plateaux de John Ford puis à la télévision, le cinéaste creuse, imperturbablement, le sillon des westerns humanistes des années 1950. S’il semble ­démodé par rapport à ses contemporains — les « spaghettis » de Sergio Leone (Et pour quelques dollars de plus, 1965) ou ceux, crépusculaires, de Sam Peckinpah (Major Dundee, également de 1965) —, Les Prairies de l’honneur n’en reste pas moins une œuvre pacifiste forte, tournée alors que les Etats-Unis commencent à s’enliser au Vietnam. Les explosions de violence, saisissantes, détonnent sur une trame volontiers mélodramatique. Le film se double d’un vibrant discours antiraciste, précieux à l’époque du mouvement des droits civiques.
 
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