Les pieds-noirs d'Algérie : une histoire française

France 2
29/11/18 ~ 23:00 - 00:25

Au bout de sept ans de guerre, l'Algérie accède à l'indépendance en 1962. Les Français d'Algérie doivent alors quitter un pays souvent adoré. Pour la plupart du jour au lendemain. Ils se replient dans leur patrie, la France, où beaucoup ne sont jamais allés. Comment en sont-ils arrivés à cet exode ? Que vivent-ils après ? Des rapatriés de tous bords évoquent leur vie «là-bas». Ils revivent leur panique au moment de la fuite, la chute brutale dans une patrie inconnue. Ils montrent la blessure qu'a laissée en eux l'accueil reçu à leur arrivée. Mais presque tous admettent une intégration finalement réussie, et beaucoup reconnaissent que l'Algérie française était une utopie. Critique : La part de souvenirs funestes, de nostalgie et d’illusions tenaces que recèlent les histoires familiales des rapatriés d’Algérie rend difficile l’écriture d’une histoire un tant soit peu dépassionnée, qui se nourrisse de témoignages de pieds-noirs sans sacrifier son point de vue au leur. Sans doute se trouvera-t-il des téléspectateurs pour reprocher à ce documentaire tel ou tel parti pris du récit qu’il propose. La variété des points de vue qu’il expose lui confère pourtant une belle honnêteté dans la prise en compte des raisons et des sentiments de chacun. Telle est la principale réussite de ces Pieds-noirs d’Algérie, qui nous raconte la période coloniale à hauteur d’hommes et de femmes — français et algériens. Qui donnent aussi la parole à de rares historiens, parmi lesquels Yann Scioldo-Zürcher Levi, auteur d’une thèse sur la politique d’intégration des rapatriés d’Algérie. A l’entendre évoquer de manière inattendue la prise en charge des pieds-noirs sur le sol français, on se demande pourquoi il n’a pas accordé plus de place aux paroles d’experts, contrepoints nécessaires aux nombreux témoignages empreints d’émotions, que la musique surligne inutilement. Quant au commentaire, il guide par trop la narration pour permettre aux archives de donner leur pleine mesure, et les réduit généralement à un rôle platement illustratif. Dommage.