Les galettes de Pont-Aven

C8
13/12/20 ~ 21:05 - 23:07

Un représentant en pépins qui n'aime que la peinture et les culs tombe en panne à Pont-Aven. Il décide que, dorénavant, sa vie sera « callipyge »… Paillardise provinciale avec du cochon qui donne sommeil, mais de l'outrance libertine qui requinque. En obsédé (tendre) de la croupe, Marielle décroche la lune. - Critique : Henri Serin est représentant en parapluies. À son foyer morne et frigide, le voyageur préfère les départementales nocturnes et les rencontres buissonnières. Il n’a que deux passions : la peinture et les culs. Un accident près de Pont-Aven le contraint à séjourner chez Émile, une brute, qui lui jette une pin-up torride mais givrée dans les bras. Fini les parapluies, la vie d’Henri sera « callipyge »… Il y a le pire et le meilleur dans cette peinture provinciale et paillarde. Du cochon qui ensommeille au lieu d’émoustiller et une vision des femmes au ras de la culotte. Mais c’est aussi une ode à la vie, à l’outrance libertine, qui culbute les valeurs bourgeoises et s’assoit sur la bienséance. Joël Séria fut représentant de commerce. Sa province est la bonne, mélange de médiocrité, de générosité, de douce folie. Sa Bretagne est bretonnante, ses zincs respirent la sciure et l’eau-de-vie, ses falaises venteuses raniment les chevalets et les cœurs. Car l’histoire d’Henri est celle d’un pauvre type en mal d’amour. Pour jouer ce grand serin de 40 ans, ringard et flamboyant, obsédé de la croupe, tonitruant dans l’alcool, attendrissant sous la couette, il fallait Jean-Pierre Marielle. Ce film est un festival du moustachu magnifique.