Les dents, pipi et au lit

M6
27/07/20 ~ 20:05 - 21:55

Pour Antoine, célibataire sans enfants, la vie n'est qu'une succession de fêtes. Quand son colocataire Thomas décide de quitter leur appartement pour partir à Los Angeles, il trouve son remplaçant. Il s'agit de Jeanne, une belle jeune femme avec un unique défaut. Au grand désespoir d'Antoine, elle a deux enfants, Lou et Théo qui s'installent également dans l'appartement. La cohabitation s'avère très, très compliquée. Antoine n'en peut plus de voir sa bouteille de jus fruit constamment vidée par les enfants et les jouets trainer partout. Il mène le vie dure à Jeanne en organisant des fêtes empêchant les enfants de dormir... - Critique : Après Libre et assoupi (2014) et Adopte un veuf (2016), Sous le même toit (2017) et Daddy Cool (2017), le film de colocation est en passe de devenir un sous-genre de la comédie française. Ce premier long métrage du publicitaire Emmanuel Gillibert – frère du producteur Charles Gillibert (Sils Maria, Mustang, L’Avenir), fondateur de CG Cinéma – raconte la cohabitation forcée entre un quadra célibataire immature (Arnaud Ducret, en roue libre) et une jeune mère divorcée (Louise Bourgoin), accompagnée de ses enfants de 5 et 8 ans. Facile de deviner la fin, mais le problème n’est pas là. Les Dents, pipi et au lit ! débute lors d’une soirée arrosée, où les participants sont présentés les uns après les autres, en plan-séquence. Cette ouverture, pâle imitation de celle de La Grande Bellezza (Paolo Sorrentino, 2013), est aussi le seul moment de cinéma du film. Les premières scènes, dans lesquelles le héros et ses potes mâles spéculent sur le physique de la nouvelle coloc, sont d’un machisme achevé et aujourd’hui anachronique – le mot « bonne » est prononcé ad nauseam. Emmanuel Gillibert s’avère incapable de filmer le moindre envenimement entre les petits et le vieux gamin – comme le faisait, par exemple, Nicholas Stoller dans Nos pires voisins 2 (2016). Conscient qu’il ne peut s’en tenir à un huis clos dans l’appartement, il embarque alors ses personnages pour un improbable réveillon de Noël en famille, où il enchaîne les séquences navrantes – Ducret sur le toit, avec barbe blanche et costume rouge. Adulte contre enfants plus fêtes de fin d’année : une définition de la fainéantise scénaristique.