Les démunis

Arte
29/06/18 ~ 00:05 - 01:45

Encouragé par son ami et collègue Hans, Jakob se rend à un vernissage le 11 septembre 2001. Il y retrouve son premier amour, et la flamme renaît. Mais une triste nouvelle ternit ce tableau : Hans, qui avait proposé à Jakob de le remplacer lors d'un rendez-vous à New York, est mort dans les attentats... Critique : En France, Florian Hoffmeister est connu pour ses talents de directeur de la photographie, qu’il exerce notamment chez Terence Davies (The Deep Blue Sea, Emily Dickinson : A quiet passion). Sorti uniquement outre-Rhin, son deuxième long métrage est l’adaptation du roman éponyme de Katharina Hacker. Soit la reformation d’un couple, au lendemain du 11 septembre 2001. Tandis que la femme se languit à la maison, l’homme développe une obsession mortifère pour un ami disparu au World Trade Center : il remplace celui-ci au sein d’un cabinet d’avocat londonien, spécialisé dans la restitution de biens confisqués aux juifs par les nazis. Dommage que le parallèle entre les deux catastrophes — 11 Septembre et Shoah — soit si peu exploité. Le film s’avère plus inspiré quand il décrit la renaissance puis la déliquescence du couple, avec une mise en scène très Nouvelle Vague : romantiques promenades à vélo, conversations intimes au lit, prises de bec domestiques. Mais l’élégant noir et blanc n’est pas seulement maniériste. Il participe de l’étrange tonalité post-apocalyptique — les médias sont saturés de discours belliqueux —et permet de dépeindre avec justesse la dépression post-attentat, très contemporaine. Pour le héros, qui se sent « éloigné de tout », le monde est devenu incolore.