Les cobayes du cosmos, confidences d'astronautes

France 5
02/12/18 ~ 00:55 - 02:25

Dans le vide spatial, l'être humain est un corps étranger. Vertiges, fonte du corps, irradiation, stress, angoisse, mélancolie : les astronautes éprouvent, dans leur corps, les effets du voyage dans l'espace. Alors que l'humanité envisage un aller-retour vers Mars d'ici une ou deux décennies, quels sont les obstacles qui restent à surmonter pour que des êtres vivants supportent le voyage ? Basé sur les témoignages inédits des astronautes du monde entier, et illustré par les images de leurs voyages, le film enquête dans les laboratoires des agences spatiales, où des scientifiques tentent de trouver des solutions à tous ces problèmes physiques et psychologiques. Critique : « Quatre jours après le décollage, j’ai regretté d’être devenu cosmonaute. Après une semaine, j’avais tellement mal que je croyais être en train de mourir », témoigne, face caméra, le Russe Aleksandr Lazoutkine. Marqué par une vision fantasmée de l’univers que nous offre le cinéma sur la conquête spatiale, on imagine rarement les risques qu’encourent les « cobayes du cosmos ». Enfermés dans un habitacle pressurisé et catapultés dans l’espace sur un bâton de dynamite, ces voyageurs de l’extrême affrontent des problèmes de santé singuliers : atrophie musculaire, nausées, vieillissement accéléré, perte de repères spatiaux, risques de ­radiation, dépression, mélancolie… Des problèmes que tente de résoudre aujourd’hui la médecine spatiale, afin de préparer l’organisme humain à une possible exploration de Mars. En donnant la parole à treize astronautes internationaux — Thomas Pesquet, Valentin Lebedev, Mikhaïl Kornienko, Jean-François Clervoy, Cady Coleman ou encore Anna Fisher —, ce ­documentaire captivant offre une vision très concrète de leur quotidien. Leurs témoignages mêlent à la fois des détails très ­prosaïques, liés notamment à la promiscuité, des anecdotes amusantes et des considérations métaphysiques. « Aujourd’hui, j’habite sur la planète Terre, mais je me sens comme un extraterrestre », confesse encore Aleksandr Lazoutkine. Comme quoi « le silence éternel de ces espaces infinis », côtoyés de près, ne laisse pas ­indemne.