Leonard Bernstein, le déchirement d'un génie

Arte
20/08/18 ~ 00:35 - 01:30

A la fois compositeur, chef d'orchestre mais aussi pianiste, Leonard Bernstein fait partie des plus grands musiciens américains du XXe siècle. Critique : Un portrait du grand musicien américain Leonard Bernstein orienté côté sombre : le choix est des plus judicieux, tant la personnalité de l’artiste fut complexe, et sa trajectoire tourmentée. On y découvre un homme rongé par le doute, perdu entre son statut de chef d’orchestre et ses ambitions de compositeur, tiraillé entre son rôle de mari modèle et ses amours homosexuelles. On y voit un Lenny vieillissant, noyé dans ses partitions, pleurnichant au piano, la clope au bec, avec un gigantesque verre de scotch au premier plan, et qui se fait éreinter par la critique (« kitsch », « petit », « vulgaire », écrit-elle de sa messe de 1971), insulter par le président Nixon (« son of a bitch », l’entend-on fulminer dans une conversation avec son chef de cabinet). Un jour, peu de temps avant sa mort, il confiera à son fils Alexander : « Je n’en peux plus de ce Leonard Bernstein. » Sauf que, hélas, dans ce documentaire de facture très allemande, la forme est de la même tonalité que le fond. Avec son montage ponctué d’entretiens figés, d’images prétextes sans grande utilité, de musiques « atmosphériques » dont on s’étonne qu’elles n’aient pas été puisées dans le répertoire du compositeur, la déprime guette. L’ensemble, quoique sans grand souffle, reste cependant très touchant. Et du maccarthysme à la chute du Mur, il nous rappelle à quel point la destinée de ce génie de la musique — dont on célèbre le 25 août le centenaire de la naissance — aura épousé l’histoire du XXe siècle.   Suivi d’un Young People’s Concert de 1966. Des Beatles à la musique classique ou qu’est-ce qu’une tonalité ?
 
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