Leni Riefenstahl et son mentor

Arte
20/06/18 ~ 23:00 - 23:55

Née à Berlin en 1902, Leni Riefenstahl est l'une des artistes allemandes les plus controversées du XXe siècle. Danseuse, elle est découverte dans les années 1920 par le précurseur du cinéma de montagne Arnold Fanck. Ensemble, ils tourneront de nombreux films, comme «La Montagne sacrée» (1926), «L'Enfer blanc du Piz Palü» (1929) ou «Tempête sur le mont Blanc» (1930). Mai 1932 marque le début d'un tournage de cinq mois au Groenland pour «SOS Iceberg», le projet cinématographique le plus cher et le plus risqué de l'histoire. Les conditions de tournage furent très difficiles. Puis les carrières des deux artistes prirent des chemins totalement différents. Tandis que Leni Riefenstahl devenait réalisatrice de films de propagande pour les nazis, le second sombrait dans l'oubli suite à sa collaboration avec le régime hitlérien. Critique : Elle escaladait les parois rocheuses et skiait dans la poudreuse pour les besoins des six films de montagne que le réalisateur Arnold Fanck lui fit interpréter dès 1926. Elle réalisa le sien en 1932, à la montagne aussi, La Lumière bleue. Leni Riefenstahl deviendra ensuite la cinéaste officielle du parti nazi avec plusieurs œuvres de propagande, La Victoire de la foi, Les Dieux du stade… Annette Baumeister commence par le récit du tournage du dernier film que Fanck et Riefenstahl tournèrent ensemble, SOS Iceberg, au Groenland. Mais, à force d’allers-retours dans les vies fournies des deux personnages, il se perd et reste superficiel. Avec des approximations inutiles (« apparemment, elle aurait emporté avec elle un portrait de Hitler ») et des formules faciles (« la jeune femme est une croqueuse d’hommes »). On évoque rapidement ses rendez-vous avec Hitler, son « talent particulier pour s’incruster dans la vie des autres », et on insiste sur sa beauté et sa façon de filmer qui ressemble beaucoup à celle de Fanck… Comme si la réalisatrice n’assumait pas le sujet de son documentaire et cherchait à l’éluder, voire le minimiser. Comment se frotter à ce personnage sulfureux et fascinant et à la question de la responsabilité de l’artiste dans l’Histoire ? Frontalement, comme l’a fait magistralement Ray Müller dans son film-interview fleuve Leni Riefenstahl, le pouvoir des images (1993).
 
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