L'échange des princesses

Canal+
22/01/19 ~ 10:10 - 11:50

En 1721, Philippe d’Orléans règne en tant que régent dans l’attente de la maturité légale de Louis XV. Alors que les relations avec l'Espagne sont tendues, il propose à Philippe V d’Espagne que Louis XV, âgé de onze ans s'unisse à la très jeune Infante, Maria Anna Victoria, âgée de quatre ans – qui ne pourra donc enfanter qu’une décennie plus tard. Un calcul de sa part car cela lui donne l'espoir de détenir le pouvoir plus longtemps. Afin d'asseoir un peu plus celui-ci, Philippe d'Orléans offre sa fille, Mademoiselle de Montpensier, comme épouse au jeune prince des Asturies, futur héritier du trône d’Espagne. Les deux unions sont un désastre et les adolescents mariés de force se montrent récalcitrants... Critique : Tout est si soigné, si beau, si « pro » que l’on redoute, d’abord, un de ces films où la belle image fait figure de style. Or non. Marc Dugain se sert de la splendeur des images (de Gilles Porte) et des costumes (de Fabio Perrone) pour étouffer davantage ses personnages, prisonniers d’un cérémonial auquel ils ne peuvent échapper. 1721. Afin d’assurer une paix durable avec l’Espagne, le Régent Philippe d’Orléans décide de marier Louis XV à une infante de sept ans plus jeune que lui : la petite Anna Maria Victoria est âgée de 4 ans à peine. Deux précautions valant mieux qu’une, il organise, aussi, les noces de son adolescente de fille, Louise Elisabeth, avec le futur roi, don Luis. C’est cet « échange des princesses », que filme le cinéaste avec une sorte de fascination perverse. On sent sa jubilation à saisir, en quelques plans, des grotesques grandioses. Philippe V d’Espagne (Lambert Wilson), épouvanté par son passé de guerrier sanguinaire qu’il tente d’effacer par une foi hystérique. Son fils (Kacey Mottet Klein) plus touchant certes, parce qu’écrasé, paumé, déjà fichu. Sans doute la grande victime de ce jeu de rôles est-elle Louise Elisabeth, la fille du Régent, dont l’insolence et les mauvaises manières causeront la perte. Marc Dugain éprouve visiblement une grande tendresse pour ce personnage en révolte et il dirige sa jeune comédienne, Anamaria Vartolomei, comme une sorte d’ado de banlieue actuelle, qui serait, soudain, invitée à l’Elysée…
 
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