Le voleur

Arte
29/01/19 ~ 13:35 - 15:35

La Belle Epoque… celle de la victoire de la bourgeoisie et des violences anarchistes. Malle règle ses comptes grâce à son voleur provocateur et dilettante. Critique : L’envie de faire un film tient parfois au désir secret d’une ou plusieurs scènes. Pour Le Voleur, on jurerait que Malle voulait surtout filmer son personnage, seul, entrant par effraction la nuit venue dans les maisons et repartant au petit matin, fourbu comme après une nuit d’amour. Oui, il y a bien une dimension érotique dans le geste de ce cambrioleur désabusé, interprété avec un détachement mélancolique par Jean-Paul Belmondo, dans l’un de ses derniers grands rôles. Un voleur artiste ? Oui et non. Il a l’air dégoûté, comme s’il avait conscience que l’argent pourrissait tout. Il pourrait épouser la cause alors vivace de l’anarchie, comme certains de ses compagnons, mais il en devine les impasses. Les femmes, surtout l’une d’entre elles (Geneviève Bujold), voilà tout ce qui peut réchauffer cet homme distant. Avec Le Feu follet, Louis Malle réussissait là son meilleur film, reconstituant finement l’atmosphère de la Belle Epoque. Pour les dialogues, il a fait appel au chevronné Daniel Boulanger. C’est à lui qu’on doit la réplique savoureuse lancée par Julien Guiomar, voleur camouflé en abbé, face au vieil oncle de Georges, une crapule cupide qui vient de clamser : « Mais enfin la mort n’est pas une excuse ! »