Le traître

Canal+
18/01/21 ~ 13:41 - 16:08

Au début des années 1980, le syndicat du crime italien Cosa Nostra est le théâtre de violentes guerres internes. Un de ses membres influents, Tommaso Buscetta décide de se protéger et part un temps au Brésil avec sa famille. Mais cet exil n'a qu'un temps : extradé par la justice, Buscetta est forcé de rentrer en Italie. C'est alors quil passe un accord avec le juge Falcone, qui va donner lieu à un procès d'une ampleur inédite... - Critique : Tommaso Buscetta fut l’un des premiers repentis de la mafia italienne. Celui, surtout, dont les précieuses révélations sur Cosa nostra ont permis au juge Falcone et à la justice italienne de comprendre le fonctionnement de la Pieuvre. Le film commence à la veille de l’un des épisodes les plus sanglants de l’histoire de l’organisation. Salvatore Riina, le chef des Corleonesi, fait massacrer les clans rivaux, allant jusqu’à tuer des enfants, « pour que la semence se perde ». Depuis le Brésil, où il a fui, Buscetta compte ses morts, dont ses deux fils. Arrêté par la police brésilienne, il est extradé vers l’Italie où il décide de collaborer avec l’État. Les règlements de comptes sont évacués sous la forme presque documentaire d’un décompte de cadavres. Tout ce qui pourrait concourir à entretenir le mythe est écarté. De la même manière, Marco Bellocchio ne fait jamais de Buscetta un héros ni un monstre. Il insiste sur son humanité. Non pour faire oublier sa culpabilité mais pour rappeler que la Mafia, selon les mots de Falcone, est un « phénomène humain ». Ni éternel ni invincible. Après avoir passé sa vie à se cacher (il est mort sous une fausse identité en 2000, en Floride), Buscetta est encore aujourd’hui considéré comme un traître par une partie de ses concitoyens. En situant l’essentiel du film dans les bureaux des palais de justice, les cours d’audience et les cellules de prison, Bellocchio, lui, met en pièces la mythologie mafieuse et ses ornements.
 
Chargement...
Chargement...