Le Sens de la fête

Canal+
13/10/18 ~ 16:35 - 18:30

Traiteur depuis trente ans, Max a l'art d'organiser des fêtes réussies. Les futurs époux Pierre et Elena lui demandent d'organiser leur repas de mariage qu'ils veulent chic et sobre dans un château du 17e siècle. Max s'y engage et choisit son équipe plus ou moins au point. Il y a Guy, le photographe, qui accumule les gaffes et picore les hors-d'œuvres, James, le DJ, qui se croit dans une boîte de nuit, Julien, le serveur lunaire, Adèle une autre extra qui n'arrête pas de jurer. Max va devoir gérer tout ce petit monde et les nombreux imprévus pour que la fête soit totale. Une tâche pas simple... Critique : | Genre : pièce montée. Eric Toledano et Olivier Nakache ont imaginé leur sixième long métrage au moment des attentats de 2015, en réaction à un contexte des plus plombants. Le principe de plaisir est donc au cœur du Sens de la fête, plus léger, plus résolument humoristique que leur précédent film, Samba (2014). Et plus convaincant… L’argument — une soirée de mariage qui part en ­cacahuète — est banal, sinon con­venu dans ses rebondissements : les plombs sautent, le plat principal a tourné, belle-­maman s’encanaille… Mais le point de vue choisi est plus original : en lieu et place des sempiternels règlements de comptes familiaux, les auteurs se sont focalisés sur les nombreuses petites mains qui s’agitent en coulisses. La petite entreprise organisatrice des festivités, avec son personnel black-blanc-beur, ses cuisiniers payés au noir, ses serveurs tamouls sans papiers, se veut une réplique en miniature de la France d’aujourd’hui. On pourra trouver un rien candide cette conception d’une société où la couleur de peau n’est pas un problème, où le patron et ses salariés forment une famille qui finit par se réconcilier dans l’adversité. Le regard bienveillant des réalisateurs fait le charme du film, conçu comme une succession de gags et de bons mots enchaînés à un rythme soutenu. La belle mécanique tourne à plein régime, malgré quelques ratés ­— certaines situations sont trop étirées ou tombent à plat. Et les acteurs régalent, chacun dans son registre de prédilection, poussé au maximum : Gilles Lellouche est impeccable en DJ grande gueule, et Jean-Pierre Bacri compose le plus beau grognon de sa longue carrière de grognon.