Le psychiatre et l'assassin

France 2
06/11/18 ~ 22:50 - 23:45

Le 12 novembre 2008, Jean-Pierre Guillaud, schizophrène, poignarde mortellement Luc Meunier, 26 ans, à Grenoble, après être sorti de l'hôpital psychiatrique où il était interné. Il est reconnu pénalement irresponsable de ses actes. C'est son médecin psychiatre, le docteur Gujadhur, qui fait face à la justice. Il est condamné en appel par le tribunal pénal de Grenoble à 18 mois de prison avec sursis pour manque de surveillance et grave défaut d'appréciation de la dangerosité d'un patient. Une condamnation inédite en France, qui peut faire jurisprudence. Demain, les psychiatres seront-ils pénalement responsables des gestes de leurs patients ? Critique : Le 12 novembre 2008, Jean-Pierre Guillaud, 56 ans, diagnostiqué schizophrène et dangereux, poignarde mortellement Luc Meunier, 26 ans, à Grenoble. Le fait divers va faire la une des médias et provoquer une vague d’indignation et de réactions. A commencer par celle du président de la République de l’époque, Nicolas Sarkozy. Une loi est même votée trois ans plus tard, officialisant l’arrivée de juges dans les hôpitaux psychiatriques pour décider des sorties et de la détention des malades hospitalisés sans leur consentement. Cette affaire dépasse le cadre du fait divers. Elle pose frontalement le problème de la responsabilité d’un établissement et d’un psychiatre dans le suivi de patients dangereux. A l’image de Jean-Pierre Guillaud, autorisé à sortir alors qu’il avait déjà par deux fois, en 1995 et 2006, poignardé un homme. A l’issue de dix années de procédure, la justice a conclu en dernière instance que le psychiatre chargé de son suivi était juridiquement responsable et l’a condamné à dix-huit mois de prison avec sursis. Une jurisprudence ? C’est l’une des questions que pose ce remarquable documentaire qui refait l’enquête et donne la parole à tous les protagonistes de l’affaire. Plus largement, il interroge sur la place des établissements psychiatriques en France et sur les conditions d’accueil et de suivi des malades, rendues toujours plus difficiles par le manque de moyens et de lits au nom d’une « nécessaire » rentabilité.