Le labyrinthe secret de Namoroka

Arte
01/11/18 ~ 09:25 - 11:20

Situé dans le nord-ouest de Madagascar, le parc national de Namoroka abrite de spectaculaires formations géologiques, nées il y a cent soixante millions d'années : les «tsingy». Une expédition scientifique internationale impulsée par le Muséum national d'histoire naturelle de Paris a exploré ce réservoir de biodiversité. L'équipe, une soixantaine de personnes au total, a dû faire face à de nombreux imprévus : pistes impraticables, point d'eau à sec, camp mis à sac par des sangliers. Mais une fois au coeur des tsingy, les chercheurs font des trouvailles, comme cet arbre orange de 11 mètres, jamais répertorié auparavant. Critique : Le nord-ouest de Madagascar recèle un trésor géologique vieux de 160 millions d’années : Namoroka. Formée de gigantesques arêtes de calcaire, cette citadelle naturelle de 200 kilomètres carrés faisait l’objet, en 2016, d’une folle expédition scientifique sous l’égide du Muséum d’histoire naturelle de Paris. Durant dix jours, à l’issue d’un voyage éreintant, vingt-deux botanistes, entomologistes et erpétologistes ont exploré le site sans relâche pour y répertorier une multitude d’espèces endémiques de plantes, d’insectes et de reptiles. Le Labyrinthe secret de Namoroka retrace cette odyssée, et bien plus encore. Constellé de somptueuses prises de vues, le documentaire prend la forme d’un trépidant récit d’aventure en terra incognita. Son réalisateur Jean-Michel Corillion (Devenir femme au Zanskar ; Chamans, les maîtres du désordre) ne nous épargne rien : les pistes impraticables, des crevaisons à foison, la chaleur insupportable, une attaque de sangliers, un incendie dévastateur… Toutes proportions gardées, ce tournage épique n’est pas sans rappeler celui d’Aguirre, la colère de Dieu, de Werner Her­zog. Au détour, le film immortalise d’éblouissantes découvertes : un arbre orange, un gecko diaphane ou de délicats insectes. Par-delà l’exploit scientifique, il aspire surtout à éveiller les consciences écologiques. En ces temps de dérèglement climatique, l’extraordinaire biodiversité malgache n’a jamais été aussi fragile. Aussi menacée.