Le Dibbouk

France 3
23/04/18 ~ 00:30 - 02:30

En Pologne, au XIXe siècle. Amis d'enfance, Sender et Nisson scellent leur amitié par la promesse de marier leurs futurs enfants, et ce malgré les mises en garde d'un étrange messager. Sender devient père d'une fille, Lea, mais sa femme meurt en couches. Nisson, quant à lui, décède alors même que son épouse accouche d'un garçon, Channon. Les années passent et lorsqu'à 18 ans Channon se rend à Brinitz pour ses études talmudiques, il ignore que Sender, chez qui il loge, fut autrefois l'ami de son père. Le jeune homme tombe rapidement amoureux de Lea, promise à un autre... Critique : | Genre : Fable poétique. En Pologne, au XIXe siècle, deux amis dont les femmes doivent prochainement accoucher se font la promesse que leurs enfants, s’ils sont de sexe opposé, se marieront. Mais Nisson meurt tandis que sa femme accouche d’un garçon, Channon, et Sender perd sa femme au moment où naît sa fille, Lea. La promesse est oubliée… Le Dibbouk est un bon exemple du cinéma d’expression yiddish qui fut assez prospère dans l’entre-deux-guerres en Europe centrale (et aussi aux Etats-Unis, puisque Edgar G. Ulmer tourna plusieurs films destinés à la communauté juive). Adapté d’une pièce de théâtre et interprété par les acteurs du théâtre yiddish de Varsovie, il reprend une légende fantastique assez célèbre (une sorte de Roméo et Juliette transfiguré par la tradition hassidique), pour laquelle la frontière entre la vie et la mort est plus ténue qu’il n’y paraît. La dimension poétique est évidente, mais il s’agit tout de même d’abord d’une curiosité, à la fois cinéphilique et socio-historique : le spectateur découvre certains éléments de la vie quotidienne des communautés juives d’Europe centrale avant leur extermination par le nazisme. Curieusement, l’imagerie que véhicule le film est à double tranchant : la vision ironique du vieux Juif comptant son argent servira, à peine quelques mois plus tard, à la propagande antisémite.
 
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