Le colonel Chabert

France 2
05/05/20 ~ 13:00 - 14:55

Remake vaguement amidonné du film de 1943. Depardieu-Chabert est très absent : un vrai fantôme. L'essentiel se joue entre Luchini et Ardant, tous deux assez abjects. Leur duel booste un peu ce film très académique. - Critique : | Genre : crise d'identité. Porté disparu après l'atroce bataille d'Eylau, le 8 février 1807, le colonel Chabert resurgit à Paris dix ans plus tard. Son objectif est simple : récupérer sa fortune et sa femme, Rose. Confrontée à son ancien mari, celle-ci dit ne pas le reconnaître et le fait passer pour fou... Brillant chef opérateur d'oeuvres très visuelles comme Nocturne indien ou Germinal, Yves Angelo signait là son premier film. Les coups de baïonnette, les cavalcades, les cris d'agonie ne l'intéressent pas. Pour lui, le champ de bataille le plus spectaculaire est souterrain. La véritable aventure, c'est de soulever le chapeau du colonel Chabert pour affronter la tempête qui sévit sous son crâne cabossé. Une tempête qui dévaste toute âme qui croise son chemin. Yves Angelo privilégie donc les affrontements intimes, à deux personnages, où règne la névrose de Chabert, cette « face de requiem », comme l'ancien combattant se surnomme lui-même. Le film puise sa force et sa fluidité dans cet équilibre, maintenu par des acteurs irréprochables, jamais tentés par le bras de fer. Du joli travail, net et sans accroc. Les grincheux ­diront peut-être « académique »... — Marine Landrot