Le cas du docteur Laurent

Arte
22/02/21 ~ 02:30 - 04:05

Gabin, en médecin progressiste, partisan de l'accouchement sans douleur, décidé à retourner les préjugés d'un village des Alpes. Sur le papier, on ricane. Sur l'écran, on applaudit la chronique sociale, honnête et courageuse, portée par des actrices allègres et un Gabin... crédible. - Critique : Film de Jean-Paul Le Chanois (France, 1956). Scénario : J.-P. Le Chanois et René Barjavel. 115 mn. NB. Avec Jean Gabin : Dr Laurent. Nicole Courcel : Francine. Silvia Monfort : Catherine Loubet. Henri Arius : Dr Bastid. Genre : tu enfanteras dans la nondouleur. C'est une curiosité. Pensez : Gabin, en médecin progressiste, partisan de l'accouchement sans douleur, décidé à retourner les préjugés d'un village des Alpes, c'est un peu comme si l'on voyait Delon dans un rôle de philosophe ou Luchini dans celui d'un hooligan. En son temps, ce film courageux au didactisme pittoresque défraya la chronique au milieu d'une France gironde dopée aux arts ménagers et à tout ce qui était nouveau, mais qui commençait à peine à entendre parler de la révolutionnaire « psychoprophylaxie », dont le nom pompeux avait sans doute pour vocation de faire taire les sceptiques fort nombreux, parmi lesquels une partie du corps médical et des cathos arrimés au principe fataliste du « laissons faire la nature même si elle fait un mal de chien ». Bien apprendre à respirer, bien connaître son corps, tout est là. Il y a donc, d'un côté, pour les intéressés, des séances de groupe (même le boulanger y vient !) animées par une Nicole Courcel épanouie (par sa grossesse), et de l'autre, une campagne de dénigrement. Contre toute attente, Gabin ne s'en tire pas si mal. Et le final est grandiose. Voir Nicole Courcel, fraîche comme une eau de roche, super zen malgré les contractions, bringuebalée dans une camionnette conduite par Silvia Monfort (plus concentrée qu'un tireur de penalty), vaut son pesant de fromage de montagne. Bien sûr, tout est bien qui finit bien par une naissance - c'est un garçon ! - dans le ravissement et la béatitude. Ah, oui, vraiment, c'est une curiosité. Jacques Morice