Le boucher

Arte
07/03/19 ~ 13:35 - 15:05

Cette histoire d'amour ratée entre un assassin et une femme (libre) d'esprit, est – ayons l'audace de le dire – le meilleur film de Chabrol. Critique : Mlle Hélène, la directrice de l’école, est instruite, belle, libérée…Popaul est boucher, fruste, revenu de toutes ces guerres qui laissent le goût du sang, à jamais. Mais on peut tuer et tomber amoureux. Lors d’une sortie scolaire aux grottes préhistoriques, Hélène parle avec tendresse de Cro-Magnon à ses élèves et leur explique que « les aspirations sont des désirs débarrassés de leur sauvagerie ». Comme le sont ceux de Popaul quand il regarde Mlle Hélène. Mais la belle n’est pas toujours là pour faire oublier l’odeur du sang à la bête. Ce sang qui lui bat les tempes. Qui afflue soudainement dans ce tranquille village périgourdin. Ce sang dont une goutte tombe d’un cadavre sur la tartine d’une écolière. Popaul offre un gigot à Mlle Hélène comme s’il lui offrait des roses. Sous un chêne, lors d’une conversation sur la nécessité de faire ou non l’amour pour échapper à la folie, c’est elle qui lui offre un briquet, très symbolique. Peinture millimétrée d’une petite province, étude glaçante de la fascination réciproque entre nature et culture, grande histoire d’amour ratée et portrait presque tendre d’un assassin : ce Chabrol est d’une précision et d’une humanité diaboliques.