L'apprenti bourreau

Arte
29/08/18 ~ 01:45 - 03:15

Pour des raisons mystérieuses, un jeune homme tente d’approcher un bourreau qui le prend pour disciple. Réflexion sur la faute et le regret. Critique : | Genre : réflexion sur la faute. La corde doit être placée contre l’oreille gauche, tout près de la mâchoire. Sa longueur doit correspondre au poids exact du condamné : 500 grammes de plus ou de moins, et on n’entendra pas le son reconnaissable entre tous, qui signifie que la mort a été instantanée. C’est ce qu’explique le vieux bourreau au disciple qu’il s’est choisi, un jeune homme à l’adolescence agitée, devenu irréprochable. Cela fait longtemps qu’Aiman s’est assagi : il a quitté la brutalité des gangs, s’est engagé dans l’armée, puis a rejoint cette prison comme gardien. Avec l’appui du vieil homme, le voilà tout proche du but qu’il a fui, mais poursuivi toute sa jeune vie. Car Aiman a un secret… A sa façon de filmer une exécution, on devine l’opinion du jeune réalisateur sur la peine de mort qui semble être allègrement pratiquée dans son pays : à Singapour, un simple trafic de stupéfiants, en effet, peut mener droit à la potence. Il saisit avec ferveur la solitude du condamné, souvent abandonné par les siens et dont seul l’exécuteur finit par prendre soin. Apprentice ne se veut pas pour autant un pamphlet. C’est aussi un film sur la faute et le regret. Car la mort ne quitte pas la vie du héros et de sa sœur aînée, qui tentent de la rejeter, chacun à sa façon : elle en suivant en Australie l’étranger qui la lui fera oublier. Lui en s’en approchant au plus près, au contraire, avec une répulsion mêlée de fascination… Se transformer en bourreau pour expier un péché peut devenir une sorte de rédemption. Avec ferveur et rigueur, Boo Junfeng filme un piège qui se referme. Un innocent dans un cul-de-sac.