Landru

France 3
17/06/20 ~ 13:00 - 15:05

De la vie du serial killer de Gambais, Chabrol fait une comédie noire stylisée, burlesque, un rien lente tout de même. Un persiflage de bon ton, sinon de bon goût. - Critique : Chabrol fut taxé de misogynie… Mais voyez le générique : il fait défiler toutes ces dames et n’inscrit Charles Denner qu’à la fin. Au-delà de ce détail, il filme le visage de chaque future victime dans un halo de lumière qui dit sa tendresse pour ces innocentes sacrifiées sur l’autel de l’argent. Parce que Landru est juste un petit-bourgeois qui a trouvé une « solution » pour gagner sa vie en temps de guerre, où la mort est d’usage courant. Il se dit avant tout « mari et père », et soucieux des bouches qu’il a à nourrir. Il est cynique dans l’action : trouver des rentières célibataires par petites annonces, les séduire, leur soutirer une procuration, puis les réduire en fumée dans sa cuisinière. Mais il se sent amer et lourd de ses crimes quand il rentre à la maison, après ses « voyages d’affaires ». Chabrol fait dans l’humour noir stylisé, aidé par les fins dialogues à double sens de Françoise Sagan. Sur la fin, il s’attache un peu trop longuement à Stéphane Audran. Mais, jusque-là, tout était savoureux, à l’image de Charles Denner le grand, fraîchement passé du TNP au cinéma, attaquant dès sa première réplique avec un délectable : « Du hachis, encore du hachis ! »