La ville monde

France 3
23/07/18 ~ 23:20 - 01:10

Depuis la fin 2015, l'afflux de réfugiés s'est considérablement accru dans le nord de la France. Le maire de Grande-Synthe, soutenu par Médecins Sans Frontières et contre l'avis de l'Etat, a ouvert au lieu-dit La Linière un camp «humanitaire et provisoire» pour plus de 2500 réfugiés. Pour l'architecte utopiste Cyrille Hanappe, le provisoire devient parfois définitif. Il faut, selon lui, envisager cette construction pour l'instant éphémère comme un nouveau quartier de la ville, qui ouvrirait un champ des possibles tant pour les réfugiés qui s'y installent, que pour les habitants qui les accueillent. Critique : Dès la mise en place du camp humanitaire de la Linière, en mars 2016, pour lequel il a prodigué ses conseils à la municipalité de Grande-Synthe, l’architecte Cyrille Hanappe, spécialiste des constructions informelles, a associé des groupes d’étudiants de l’Ecole nationale supérieure d’architecture Paris-Belleville (ENSAPB), où il enseigne, à l’aménagement de conditions de vie meilleures pour ses résidents, fussent-ils seulement de passage. Jusqu’à l’incendie de mai 2017 qui a ravagé les cabanons, et scellé la décision de l’Etat d’en finir avec une installation qu’il n’avait jamais cautionnée, le réalisateur Antarès Bassis a mis ses pas dans ceux de Cyrille Hanappe et ­accompagné son quotidien sur place. De visites du camp en suivis de chantier, à mesure que se succèdent les discussions avec les élus et les échanges avec les habitants, le portrait se précise peu à peu, pour finalement dessiner l’architecte idéaliste en Don Quichotte à casquette et sac à dos. Il faut voir le désarroi de ce héraut flamboyant de l’appropriation des lieux lorsqu’il découvre des migrants en train de désosser le plancher d’un bâtiment inusité dont il avait supervisé la construction… Une veine mordante qu’on aurait souhaitée plus affirmée : à trop vouloir arrondir les angles, le film finit par émousser sa propre pertinence…