La veuve Couderc

Arte
27/04/20 ~ 12:35 - 14:00

Une villageoise quinquagénaire engage un bagnard évadé comme ouvrier agricole. Il devient son amant. Pierre Granier-Deferre plonge à corps perdu dans le réalisme psychologique. Ça sied parfaitement à Simenon. - Critique : Film de Pierre Granier-Deferre (France/Italie, 1971). Scénario : P. Granier-Deferre et Pascal Jardin, d'après Georges Simenon. Image : Walter Wottitz. Musique : Philippe Sarde. 90 mn. Avec Simone Signoret : la veuve Couderc. Alain Delon : Jean. Jean Tissier : Henri. Ottavia Piccolo : Félicie. Genre : étude de moeurs. Eté 1934, quelque part en Bourgogne. A l'arrêt de l'autocar, près d'un village, une femme d'une cinquantaine d'années, la veuve Couderc (qu'on appelle familièrement Tati), descend, encombrée d'une couveuse à pétrole. Jean, un jeune homme étranger au pays, l'aide à porter l'objet jusqu'à la ferme où elle vit seule avec son beau-père, Henri. Tati engage Jean comme ouvrier agricole. Celui-ci lui avoue qu'il est un bagnard évadé. Elle devient sa maîtresse. Après Le Chat et avant Le Train, Pierre Granier-Deferre s'imposait comme le cinéaste capable de faire passer à l'écran cette fameuse « atmosphère Simenon » qui a toujours préoccupé les adaptateurs. Dans le cinéma français des années 70, il a fait preuve d'une véritable perfection, en revenant d'ailleurs au réalisme psychologique des années 40-50, sur lequel la Nouvelle Vague croyait avoir passé définitivement le rouleau compresseur. Les champs, les arbres, l'eau, l'intérieur de la ferme ont une « présence » extrêmement sensible. Des notations justes ont été rajoutées sur les échos, dans la campagne bourguignonne, de l'affaire Stavisky. Alain Delon et Simone Signoret sont remarquables dans des personnages et des situations insolites. Jacques Siclier