La story de U2 : les missionnaires du rock

CStar
17/09/18 ~ 22:40 - 00:20

Avec les interventions de Calogero, Patrick Eudeline, Cali, Yves Bigot, Eric Jean-Jean et Patrick Brocklebank, notamment. En près de quarante ans de carrière, U2 a vendu près de 200 millions d'albums et a été vu par des millions de fans. De leur toute première rencontre dans un lycée de Dublin jusqu'à leur dernier album, «Songs of Experience», le groupe fait partie des légendes du rock et de la pop. Plus que tout autre, U2 a su faire rimer musique et politique, Bono devenant même une figure de l'engagement planétaire. Critique : Une lettre, un chiffre, deux syllabes universelles : U2. Depuis sa genèse en 1976, la bande à Bono a écoulé plus de 170 millions d’albums dans le monde et brisé… le cœur de générations d’adulescentes boutonneuses. Après Zazie et Alain Souchon, le réalisateur Laurent Thessier, visiblement très fan, retrace son « incroyable destin » façon hagiographie. En vrac : la rencontre hasardeuse des apprentis rockeurs à Dublin sur petite annonce, la déflagration planétaire de l’album War (1983), le virage industriel à Berlin aux commandes d’Achtung Baby (1991), les tournées pyrotechniques, la métamorphose du groupe en redoutable « machine à cash »… Encore faut-il pouvoir supporter durant quatre-vingt-cinq minutes la voix de chaton égorgé de Bono ! En filigrane, le documentaire décrypte le sous-texte des tubes du quartet irlandais. Fervent catholique, son leader messianique n’a cessé de prêcher sa bonne parole humaniste, faisant de Sunday Bloody Sunday un hymne pacifiste, de Pride un hommage à Martin Luther King ou de One un appel à la solidarité aux malades du sida. Plus qu’un simple groupe de rock lyrique, U2 s’impose peu à peu comme un puissant contre-pouvoir et, de plus en plus mégalo, Bono compte bientôt Mandela, Clinton ou Chirac parmi ses intimes. Une soif de reconnaissance quasi maladive chez lui. Entre deux archives (concerts, interviews, clips ultra kitsch où la coupe « mulet » semble réglementaire…), Cali et Calogero se souviennent de leurs premiers émois sur U2. Etait-ce bien nécessaire ? Et surtout pertinent ? Car on s’en fout royalement.