La science des rêves

Arte
02/08/20 ~ 22:00 - 23:45

Boy meets girl version Michel Gondry. Des scènes fantastiques animées donnent un curieux effet de réel au délicieux marivaudage. Difficilement résistible. - Critique : | Genre : animation amoureuse. Un rasoir géant qui prend vie et « dé-rase » celui qu'il attaque ; des figurines de chiffon qui s'animent sur une couverture blanche, ministation de ski avec télésiège et versants pentus. Séquences bricolées qu'on n'attend pas dans une comédie romantique française, mais qui trouvent naturellement leur place dans l'univers de Michel Gondry. Dans La Science des rêves, ces parties animées figurent les rêves du héros. Stéphane a quitté Mexico pour retrouver à Paris sa mère et l'appartement de son enfance. Il a un (gros) défaut : une propension à s'endormir et à ne plus distinguer le rêve de la réalité. Ses songes sont remplis des objets insolites qu'il fabrique : casques télépathes, machine à se projeter dans le passé... Stéphane en pince aussi pour sa voisine. Rêver d'une fille, est-ce (un peu) la posséder ? Michel Gondry met en place un dispositif narratif à la savoureuse fantaisie. Mais ce triomphe de l'imaginaire provoque a contrario un effet de réel fort sur le marivaudage en train de se nouer. Le meilleur du film réside dans les scènes à deux, illustrant la progression difficile d'une relation malmenée, minée par l'impuissance à passer à l'acte, à préférer aux vues de l'esprit la texture de la chair. Gondry est un formidable directeur d'acteurs : il joue ici de la timidité bredouillante de Gael García Bernal et sait capter la grâce de Charlotte Gainsbourg, encore plus délicieuse dans sa langue maternelle (c'est-à-dire celle de sa mère), l'anglais. Du charme, ces deux-là en ont à revendre. — Aurélien Ferenczi