La Révolution silencieuse

Canal+
10/04/19 ~ 00:55 - 02:40

En octobre 1956, l'insurrection de Budapest contre le pouvoir soviétique marque les esprits et notamment celui de lycéens Kurt, Théo et Léa, des jeunes allemands de l'est vivant à Stalinstadt. Alors qu'ils s'apprêtent à passer le bac, ils décident, avec 16 autres élèves, de soutenir le mouvement à leur façon, en faisant une minute de silence au début de leur cours d'histoire. Cet acte de rébellion va coûter très cher. Le corps professoral se ligue contre eux et le ministère de l'éducation intervient. Le groupe tente de rester soudé mais la pression des autorités devient de plus en plus forte... Critique : C’est une histoire vraie, édifiante, sur fond de guerre froide. 1956, à Berlin-Est. Grâce à une radio clandestine, un lycéen découvre que l’insurrection de Budapest a été réprimée dans le sang par les troupes soviétiques. Ses copains et lui décident d’organiser une minute de silence pour rendre hommage aux insurgés abattus. Le geste est si fort qu’il provoque la colère de leur professeur, lequel alerte les plus hautes instances de l’appareil d’Etat. Le film montre les pressions exercées sur les élèves, aux convictions par ailleurs divergentes. Il insiste sur les différentes façons d’être socialiste et de croire en la liberté. Les communistes, au pouvoir, se considèrent comme les vainqueurs du nazisme. Les personnages reçoivent en héritage les actes plus ou moins héroïques de leurs pères pendant la guerre, les reproduisent ou cherchent à s’en détacher. Kurt et Theo sont les leaders de cette révolution silencieuse. Un engagement fort, en symbiose avec la fougue politique propre à la jeunesse. Le film épouse cette énergie, sans manquer non plus d’humour, notamment à travers l’évocation de Ferenc Puskás, footballeur mythique hongrois, surnommé le « major galopant ». S’inspirant d’un livre écrit par l’un des lycéens concernés, Lars Kraume en tire un récit captivant. Sa mise en scène reste convenue, mais le scénario illustre brillamment des thèmes passionnants : le sacrifice, la trahison d’un idéal, d’un groupe ou d’un amour.