La rage de l'or

Arte
Les forçats de l'or
21/02/19 ~ 10:15 - 11:10

Après le rôle des pouvoirs publics et des grandes banques auprès de l'industrie minière, ce second volet s'intéresse aux mines artisanales dont dépendent plus de 50 millions de familles dans le monde. Du Pérou à la Colombie, de la Chine à la République démocratique du Congo, ces petits sites d'extraction, légaux ou clandestins, ne se soucient pas plus de la santé et de la sécurité des hommes – parfois même des enfants – que de leur impact désastreux sur l'environnement. Depuis que son cours a dépassé celui de la cocaïne, l'or est devenu une activité lucrative pour de nombreuses organisations criminelles, en Afrique centrale et en Amérique du Sud notamment. Générant des millions de dollars, cet «or sale» est injecté sans traçabilité ni contrôle sur le marché mondial. Critique : L’or, cet objet de fascination millénaire — « Sept milliards d’humains font des rêves ­dorés. » L’or, cette marque de distinction sociale — « intimement liée à l’image qu’on a de soi-même. » Des sentences de cet acabit, aussi téléphonées que superflues, cet exposé ultra formaté en est truffé. Construit artificiellement en deux parties (la première doit s’intéresser aux barons de l’or, la seconde aux forçats, les deux finissant par évoquer alternativement les uns et les autres), il épuise les angles sans en privilégier aucun : approche diachronique, pano­rama géographique, leçon d’histoire monétaire, considérations éthiques, ­socio-économiques, environnementales… Au milieu de bribes purement illustratives et d’assommantes litanies de chiffres se dégagent, pourtant, des éclairages moins rebattus, qui auraient mérité de plus amples développements (la fixation baroque du cours de l’or à Londres ; la difficile mise en place des labels équitables). Un orpaillage bien fastidieux pour des pépi­tes aussi étiques…