La prière

Canal+
23/02/19 ~ 01:30 - 03:15

A 22 ans, Thomas a failli mourir d'une overdose. Pour enfin en finir avec la drogue, il est envoyé au sein d'une communauté à la montagne dirigée par d'anciens drogués. La prière et le travail doivent les aider à s'en sortir. Les règles sont strictes : pas de cigarette, ni d'alcool, pas de filles non plus. la discipline étant trop dure et malgré le soutien de son ange-gardien, Thomas n'n peut plus. Il s'échappe et dans la vallée, rencontre Sybille. Le jeune femme l'encourage à retourner dans la communauté. Thomas finit par s'acclimater, s'attache à la soeur Myriam. Touché par la foi et plus apaisé, il ne parvient pas cependant à oublier Sybille... Critique : Il est tout de rage, de peur et de fureur. Il lance des regards éperdus à celui qui le conduit dans cette communauté catholique isolée dans les montagnes où, il le sait, il va souffrir, mais, peut-être, guérir. Thomas a 20 ans, en paraît moins. Il est usé, déjà, par cette drogue dont il ne parvient pas à se défaire. Celui qui l’accueille dans ce centre dirigé par d’anciens toxicomanes l’avertit : aucun contact avec l’extérieur. Il ne fera que travailler et prier. Prier et travailler jusqu’à l’absurde, jusqu’à la perte de la conscience de soi… Cédric Kahn a déjà peint des jusqu’au-boutistes, bloqués dans la jalousie maladive (Charles Berling dans L’Ennui, 1998) ou le crime (Stefano Cassetti dans Roberto Succo, 2001). Mais il ne peignait que des adultes, imbus d’eux-mêmes, qui semblaient buter sur une série d’obstacles invisibles. Thomas est en errance, en déshérence, mais, au moins, il avance. Sans trop savoir où, pourquoi, ni comment : un peu à la manière de la Mouchette de Robert Bresson. Et le chemin, ici, c’est le rituel. La Prière repose sur les mots, les chants, les gestes, répétés à satiété, qui finissent par libérer ceux qui s’en croyaient prisonniers. C’est moins un film sur la foi que sur la fraternité. Et c’est bien ce qui rend déchirants les adieux de Thomas, en partance vers son destin, à ses compagnons d’infortune. A commencer par son « ange gardien », Pierre. Les deux jeunes gens s’étreignent longuement, et on devine Pierre accablé de n’avoir pas encore acquis, lui, la force qu’il a su transmettre à l’autre. Mais la vie n’est jamais juste. La foi non plus.   Précédé d’une présentation par Lucie Akoun.