La petite femelle

France 2
01/02/21 ~ 21:05 - 22:40

Novembre 1953. Pauline Dubuisson est accusée d'avoir tué de sang-froid son jeune Félix. Mais qui est donc cette jeune femme dont la France entière réclame la tête ? Une arriviste froide et calculatrice ? Un monstre de duplicité qui a couché dans le lit de l'Occupant, a été tondue, avant d'assassiner par jalousie un garçon de bonne famille ?... - Critique : Essaouira, 1963. Andrée, médecin française expatriée, raconte son passé secret à l’homme qui la demande en mariage. Flash-back à Dunkerque sous l’Occupation allemande, quand elle s’appelait encore Pauline. Puis à Paris, au début des années 1950, quand l’étudiante brillante fut envoyée aux assises pour avoir abattu son ex-petit ami… L’affaire Pauline Dubuisson constitua l’un des faits divers les plus médiatiques de l’après-guerre en raison, notamment, de la personnalité de l’accusée, avide d’émancipation à une époque où la soumission du deuxième sexe était la règle. Le cinéaste Philippe Faucon (Fatima) la reconstitue avec rigueur, en s’appuyant sur la formidable enquête de Philippe Jaenada publiée en 2015 pour réhabiliter la mémoire de la jeune femme. La présence fréquente, et souvent menaçante, de silhouettes masculines en amorce ou en arrière-plan rappelle que Pauline fut constamment épiée, jugée par les hommes, comme un objet de convoitise sexuelle et/ou comme l’incarnation de l’immoralité à éradiquer. Lucie Lucas (l’héroïne de Clem, sur TF1, mais oui !) l’incarne avec une élégance froide et une sobriété conformes au caractère d’un personnage qui rechignait à exprimer ses sentiments. Mais une petite heure et demie est bien trop courte pour raconter une vie aussi tragiquement romanesque. À force d’ellipses et de raccourcis dramatiques, les téléspectateurs qui n’auraient pas lu La Petite Femelle risquent de mal interpréter certaines actions de l’héroïne. Sauf s’ils regardent, dans la foulée, le beau documentaire de Vincent Maillard, Pauline Dubuisson, l’impossible oubli, diffusé à la suite (lire ci-dessous).