La maison des otages

Arte
27/02/19 ~ 13:35 - 15:35

Trois criminels en cavale prennent en otage une famille modèle. On ne sort jamais de cette maison, où le climat devient de plus en plus lourd. Bogart, ravagé par la maladie, est impressionnant. Critique : Célèbre pour avoir dirigé Ben-Hur (1959), William Wyler pouvait se flatter d’être le seul cinéaste américain à savoir prononcer le mot « auteur », car né en Alsace et ayant étudié le violon à Paris. Avec La Maison des otages, il signait un film intimiste et percutant, huis clos dans une jolie maison que trois forçats évadés transforment en souricière infernale pour la famille charmante qui y habite. Si la situation bouscule moins aujourd’hui qu’en 1955, le savoir-faire du cinéaste est superbe et la tension qui émane de chaque plan, intacte. L’originalité du film tient dans la passation de pouvoir à laquelle on assiste entre le chef de bande et le chef de famille. Pour sauver les siens, le citoyen modèle est contraint de se montrer plus rusé que les voyous. Là où la police ne voit qu’une traditionnelle situation de crise opposant bons et méchants, les repères entre le Bien et le Mal bougent sournoisement. Le gentil papa qui devient un dur à cuire est un beau personnage pour Fredric March. Face à lui, un Humphrey Bogart patibulaire joue le sale type qui finit par émouvoir par sa faiblesse. Avec William Wyler, les grandes performances d’acteurs étaient toujours au rendez-vous.