La jetée

Arte
13/05/18 ~ 01:05 - 01:35

Extraordinaire court métrage de SF en noir et blanc, avec une bande-son où se mêlent voix, chuchotements, cœur battant, chœurs religieux. La Troisième Guerre mondiale a rayé une grande partie du monde de la carte. Il s’agit de survivre en voyageant dans le temps. Un doux poème apocalyptique. Critique : | Genre : science-fiction. Après la Troisième Guerre mondiale, la planète est devenue radioactive. Des survivants se terrent dans les sous-sols d'un Paris dévasté. Des tortionnaires, des prisonniers. Pour échapper à leur imminente disparition, ils cherchent à ouvrir une brèche dans le temps, en se livrant à un dangereux exercice d'hypnose. Extrêmement original, ce court métrage prend la forme d'un roman-photo, lent et rêveur. Syncopée, l'histoire se plie au rythme de ses images figées, d'une beauté toute de clairs-obscurs. Et ce livre que l'on peut feuilleter, en avant, en arrière, illustre avec poésie la réversibilité du temps, donne aux choses un tranquille relief fantastique, une étrange profondeur. Ce conte d'anticipation angoissant, réalisé par Chris Marker au moment où le spectre de la bombe planait sur la guerre froide, est aussi un discours extraordinaire sur la nostalgie, piège brillant, refuge ultime de ceux que le présent abandonne, l'écho d'un mythe antique, un Orphée pour qui les Enfers ne seraient pas un lieu mais une durée. — Cécile Mury