La guerre de tous les Français

France 3
23/11/18 ~ 00:25 - 02:00

Raconté par Céline Sallette, le documentaire s'éloigne des récits du front pour faire revivre la vie quotidienne des Français «de l'arrière» pendant la Grande Guerre. Car la victoire de novembre 1918, c'est aussi celle de tout un pays qui a su mobiliser jusqu'au bout ses ressources, ses bras et sa volonté. La France en guerre, c'est la foule innombrable des sans-grades, des obscurs et des anonymes. Dans cette première guerre totale, il faut tenir chacun à son poste : les enfants dans les écoles, les ouvrières dans les usines, les boulangers dans leurs ateliers, les paysannes et les ouvriers agricoles dans les champs, les députés dans les commissions parlementaires et les maires dans leur commune. Critique : De la Grande Guerre, on a communément l’image des combats, des poilus, des tranchées… Mais celles et ceux que laissèrent derrière eux les hommes mobilisés et que les commémorations ignorent ont également leur part dans la victoire de 1918. Au début du conflit, le maréchal Joffre n’hé­sita pas à dire des ouvrières des usines que les Alliés perdraient la guerre si elles s’arrêtaient vingt minutes de travailler. Plus que les mutineries, ce sont les grèves que le gouvernement craignit à l’été 1917. ­Aussi est-ce aux Français de l’arrière que rend hommage ce documentaire programmé pour le centenaire de l’Armistice. Un projet difficile, qui devait prendre en compte toute la population des villes et des campagnes, ces acteurs d’une histoire que La Guerre de tous les Français évoque en isolant quelques individus censés parler pour tous à travers leur journal ou leur correspondance — l’adolescente lyonnaise Louise Weill, le député Abel Ferry, le maire de Mende Emile Joly… Utilisant des archives de toutes natures (fictions comme documentaires, films et photos), leur appliquant des procédés conventionnels de spectacularisation (colorisation, bruitage, recadrage) et d’autres, plus inventifs (animation de certaines images par l’adjonction de comédiens), Cédric Condon met habilement sa réalisation au service du propos historique de Jean-Yves Le Naour, coscénariste avec Adila Bennedjaï-Zou de ce qui n’est ni un docu-fiction ni un classique documentaire historique : une nouveauté, qui mérite qu’on s’y arrête.
 
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