La grande cuisine

Arte
26/06/20 ~ 12:35 - 14:35

Max Vanderveere, célèbre critique gastronomique londonien, a fait appel à ses deux cuisiniers favoris, le Suisse Louis Kohner et la belle pâtissière Natasha, pour concocter le menu d'un banquet royal à Buckingham. Max a eu raison, l'association de ces deux fins gourmets a fait les délices des hôtes de la Reine. Louis et Natasha, pas peu fiers de leur succès, s'en vont le fêter nuitamment dans les bras l'un de l'autre. Mais le lendemain, le maître queux est retrouvé grillé dans le four. Natasha, de son côté, est poursuivie jusqu'à Venise par Robert Ross, son ex-mari, qui nourrit le faramineux projet de monter sur tout le Vieux Continent une chaîne de fast-foods. Dans la Sérénissime, le chef Fausto Zoppi est découvert bouilli dans ses marmites, au milieu de ses homards. Un peu partout à travers l'Europe, de prestigieux cuistots continuent d'être assassinés, toujours selon leur recette préférée. Les soupçons se portent sur Ross, qui se trouve à chaque fois dans le voisinage des lieux du crime... - Critique : Sept ans après Réveil dans la terreur (son chef-d’œuvre) et quatre avant Rambo (son film le plus connu), l’inconstant Ted Kotcheff se montrait à l’aise pour saisir la frénésie d’une cuisine de restaurant. Coproduit par les États-Unis et plusieurs pays européens, tourné entre Londres, Venise et Paris, ce long métrage de 1978 tient de l’américano-europudding : un mélange hétérogène de comédie du remariage à l’américaine, de polar à la Agatha Christie et de giallo à l’italienne. Cette dernière influence s’avère la plus payante, car elle permet de révéler la dimension sadique, voire sexuelle, de l’art culinaire. Des chefs sont ainsi tués selon un mode opératoire cruel qui reproduit leur façon de concocter leurs spécialités respectives. La Grande Cuisine s’impose comme une honnête satire du milieu — fiertés démesurées, petites phrases assassines — qui culmine avec un aberrant duel à l’ancienne, où l’épée est remplacée par de la nourriture. Peuplé d’excellents seconds rôles français (Jean-Pierre Cassel, Jean Rochefort, Philippe Noiret), le film gagne en puissance chaque fois qu’apparaît le critique gastronomique joué par un Robert Morley gargantuesque.