La garçonnière

France 2
07/06/18 ~ 00:20 - 02:03

Dans l'Amérique des années 50, le rêve américain bat son plein. Monsieur Baxter travaille dans une importante compagnie d'assurances new-yorkaise. Employé subalterne, il prête souvent son appartement à ses supérieurs, qui s'en servent comme garçonnière, promettant en échange au naïf Baxter une promotion. Le grand patron, monsieur Sheldrake, exige bientôt l'exclusivité : il veut être seul à utiliser le logement pour ses parties fines. Baxter accepte et monte en grade, mais se rend compte que l'élue de son patron n'est autre que Fran Kubelik, dont il est épris... Critique : Ce fut un des plus joyeux divertissements de l’hiver 2017, un des succès de boulevard les plus enlevés et assez subtilement interprétés. L’auteur ? Un homme de cinéma ! Le brillant, virtuose et insolent Billy Wilder (pas si mal adapté ici). L’intrigue qu’il imagine à la fin des années 1950 pour un de ses films les plus corrosifs sur la société américaine — La Garçonnière — est en effet bien peu correcte. On y voit Baxter, modeste employé d’une grande société, prêter complaisamment son appartement à ses supérieurs pour qu’ils s’y livrent à quelques coquets adultères. Jusqu’à ce qu’il découvre que la maîtresse épisodique de son patron est précisément la jeune fille dont il s’est amouraché au bureau… Sexe, compromissions, lâchetés, fric, ascension sociale et amour véritable : le cocktail est piquant. C’est José Paul qui l’a ici mis en scène avec l’humour élégant qu’on lui connaît, et quelques côtés quasi cabaret. Dans un décor très astucieux d’Edouard Laug apparaissent joliment encore des images de la vie américaine de l’époque… Cette scénographie sera-t-elle aussi dansante sur petit écran ? Tableaux de mœurs, numéros d’acteurs, l’exercice est plaisant et tous s’en donnent à cœur joie. Trop, parfois. Ils n’échappent guère, soudain, à la caricature, Guillaume de Tonquédec en tête. Alors, à tout prendre, puisqu’on est devant sa télé et que n’existe plus la magie de la salle de théâtre, tous spectateurs ensemble mêlés, ne vaut-il pas mieux regarder le film original ? Avec Jack Lemmon et Shirley MacLaine ?