La France de l'entre-deux-guerres

France 2
1929-1939 : la course à l'abime
12/02/19 ~ 22:00 - 22:50

En 1929, personne ne veut y croire mais la France chavire à nouveau. La crise économique étouffe la joie des années folles. La misère, que l'on pensait vaincue, est de retour. Durant cette décennie tourmentée, les ressorts des luttes sociales et les idéologies politiques qui marqueront le siècle à venir se mettent en place. La tentation fasciste émerge. Ceux qui ont vécu la première guerre rêvaient de paix, de progrès et d'une prospérité qui effaceraient les inégalités. Mais les Français perdent leurs illusions en l'espace de dix ans. Critique : 1919 : la France panse ses plaies. La victoire a le goût du sang, on n’efface pas d’un revers de main quatre années de boucherie et de destructions. Le pays est en ruines mais un autre monde se dessine peu à peu. C’est ce que raconte ce documentaire-fleuve : l’éclosion lente et chaotique de notre monde moderne tout au long des deux décennies d’entre-deux-guerres, de 1919 à 1939. L’artisanat recule à mesure que la pêche s’industrialise et que se cons­truisent les temples du travail à la chaîne. Les femmes s’émancipent, adoptent la mode à la garçonne, cheveux courts et cigarette aux lèvres. Il est temps de s’amuser ! Voici venues les Années folles, Joséphine Baker, le jazz et le charleston, le cinéma parlant… Cette page d’histoire bien connue, Romain Icard (Nos bébés ont une histoire ; Etats-Unis, le nouvel apartheid…) la raconte à sa manière singulière. Non pas le nez dans les manuels : il ne s’agit pas de faire l’inventaire des événements politiques. Epaulé par l’historien Pascal Ory, il tente, dit-il, de « donner la forme, les couleurs, le visage d’une époque à travers une narration à hauteur d’homme. » Objectif atteint. Ce flot d’archives (colorisées, avis aux phobiques de la pratique) joliment commentées saisit l’air du temps dans sa diversité. A la fois l’euphorie de la France qui découvre les congés payés et la haine de celle tentée par le fascisme. Le plaisir de bronzer sur la plage et le désarroi d’être tenaillé par la faim, brisé par une misère que l’on croyait révolue…