La femme infidèle

Arte
28/03/18 ~ 20:55 - 23:30

Suspense feutré, mise en scène élégantissime, twin-set de cruauté et d'humour noir. L'infidélité comme remède temporaire au mariage, le meurtre comme médicament miracle : du grand Chabrol. Critique : Film de Claude Chabrol (France, 1968). 95 mn. Avec Stéphane Audran : Hélène. Michel Bouquet : Charles. Maurice Ronet : Victor.Genre : les liens du sang.Charles et Hélène forment un couple uni dans leur villa bourgeoise. Confort capitonné, quotidien bon teint, tendre et anesthésié. Dans l'écrin bleu un peu étouffant de la chambre conjugale, Charles met de la musique classique au moment du coucher. Hélène demande si elle peut ouvrir la fenêtre. En fait, cela fait déjà quelques mois qu'elle « respire » ailleurs, chez un dandy de Neuilly. Avec lui, pas d'amour, juste des cinq à sept cyniquement orchestrés. Après une entrevue d'un calme à faire peur, Charles tue l'amant. Il fallait sans doute cela pour qu'Hélène redécouvre les liens conjugaux...Chabrol, au sommet de sa « période Audran » (qui n'a jamais été aussi belle et se prénomme Hélène, comme dans Le Boucher, autres noces rouges chabroliennes), dissèque le couple comme on épingle un papillon, avec une précision silencieuse et naturaliste. Suspense feutré, cruauté et humour noir en twin-set et flanelle. Le si classique triangle amoureux prend ici d'étranges contours. L'infidélité n'est qu'un remède temporaire au mariage. Le meurtre, lui, en serait le médicament miracle... Le dernier plan, génial, éloigne doucement Michel Bouquet de sa femme. Entre eux, un parterre de roses. Ont-ils jamais été aussi proches ?