La fabrique d'Arnold Schwarzenegger

Arte
10/02/19 ~ 23:10 - 00:00

Arnold Schwarzenegger, ou le self made surhomme. Comment l'adolescent gracile qui grandit dans l'Autriche post-Seconde Guerre mondiale est-il devenu le Terminator aux muscles hypertrophiés qui s'apprête pour la sixième fois à conquérir les écrans du monde. En 2003, puis 2006, il est aussi devenu le «Governator» républicain de la Californie. Au début des années 1980, quand le bodybuilder, grâce à «Conan le barbare», puis au premier «Terminator», se hisse au sommet du box-office, certains s'étonnent de son physique aberrant, de son accent brutal et du patronyme imprononçable qu'il a choisi de garder contre l'avis des studios. Près de quarante ans après, la planète entière a appris à dire «Arnold Schwarzenegger», ce nom représentant «le rêve américain en cuir et en os», comme «Schwarzie» lui-même aime à le rappeler. Critique : Si vous n’avez jamais vu un film de la saga Terminator, vous êtes passé à côté d’« un des derniers mythes de l’Amérique »… Un peu exagéré ? Pas vraiment : selon les deux auteurs de ce portrait, spécialistes de Schwarzenegger, l’acteur autrichien a incarné le rêve américain jusqu’à en devenir l’emblème. Il a transformé son corps et, arrivé bodybuildé aux Etats-Unis, a participé au changement d’une civilisation ! Rendre l’Amérique digne de Superman fut son credo… « Bête virile venue remuscler l’Amérique », Schwarzie est désormais Terminator, cyborg au corps XXL débarqué du futur pour mater les réfractaires… Le documentaire met en parallèle la trajectoire de l’acteur et celle des Etats-Unis de la fin du siècle dernier, en zigzaguant entre culte du corps, fantasme de toute-puissance, arrogance, robotique… Les réalisateurs ne manquent pas d’humour (quand ils rappellent que Schwarzie et Duras ont été sélectionnés la même année à Cannes !), mais devient vite terrifiant quand les analogies entre la montagne de muscles et le pays de Reagan ou Bush effacent la frontière entre fiction et réalité. Terminator ne cesse de promettre qu’il reviendra. Pas sûr que ça nous rassure.