La deuxième étoile

Canal+
17/02/19 ~ 01:45 - 03:15

Jean-Gabriel a organisé un séjour au ski avec toute sa famille. Tout le monde répond présent, même si ses enfants désormais adolescents rechignent à venir. La mère de Jean-Gabriel, qui débarque des Antilles, s'invite à la fête et Suzy, sa femme, tient à ce que son père, acariâtre et plein de principes, soit du voyage. Sur place, toute la famille est chaleureusement accueillie par Mr Morgeot qui lui parle d'une compétition un peu spéciale : accomplir une série d'épreuves sur la neige, affublé de costumes ridicules. Piqué au vif par un père de famille arrogant, Jean-Gabriel veut que son "équipe" fasse des étincelles... Critique : Huit années se sont écoulées depuis La Première Etoile, débuts de l’acteur Lucien Jean-Baptiste à la réalisation, et succès populaire avec 1,6 million d’entrées. Qu’est-ce qui a changé depuis la dernière virée au ski de la sympathique famille ? Les enfants ont grandi. Les problèmes d’argent et de couple du père (incarné par le réalisateur) sont réglés. Les tablettes numériques ont envahi le quotidien. Et Bernadette Lafont, interprète du premier volet, nous a quittés - la séquence flashback qui lui rend hommage est sans doute la plus émouvante du film. Le premier opus se confrontait, même superficiellement, à une thématique sociale – le regard porté sur une famille antillaise aux sports d’hiver. Dépourvu d’enjeu, La Deuxième Etoile multiplie les pistes sans en dévaler aucune : ni la rivalité avec les voisins arrogants, ni la cohabitation difficile avec le beau-père vieille France, ni les ados accros aux nouvelles technologies. Même cette histoire de méchants pieds-nickelés (rappelant ceux de Maman, j’ai raté l’avion), venus de la banlieue parisienne pour perturber la fête, est totalement bâclée. Moment navrant : Edouard Montoute, imitant Leonardo DiCaprio dans The Revenant. Certes, Lucien Jean-Baptiste tourne dans de beaux paysages enneigés (à la station des Gets, en Haute-Savoie) et privilégie le comique de gestes – ce qui est tout à son honneur. Mais le concours entre familles façon Intervilles, censé être un morceau de bravoure burlesque, est gâché par une mise en scène extra-plate. Et l’avalanche de bons sentiments est digne d’un banal téléfilm de Noël.