La bataille de l'acier

France 3
14/12/18 ~ 03:25 - 04:30

Un an : c'est le temps qu'il reste aux employés de l'aciérie Ascoval pour sauver leur usine et leur avenir. Durant ces mois de sacrifices, de doutes et d'espoir, Eric Guéret, auteur et réalisateur du documentaire, accompagne la direction et les salariés dans une course contre la montre pour augmenter la productivité et tenter de trouver un repreneur. Pour beaucoup, cette aciérie, qui était l'histoire d'une vie, devient un enjeu de survie. Une lutte personnelle qui est aussi symbolique d'une problématique intrinsèque à ce documentaire : la désindustrialisation française. Peut-on encore avoir de l'industrie lourde en France aujourd'hui ? Critique : L’histoire est cruelle, qui bégaie. En 2008, Nicolas Sarkozy, alors président, se rend sur le site de Gandrange, en Moselle, où il garantit aux quatre cents salariés d’Arcelor Mittal une aide des pouvoirs publics pour pérenniser l’activité de l’aciérie. Un an plus tard, elle ferme. En 2012, candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande vient saluer le combat des métallos de Florange pour sauver leurs emplois, et se fend de la promesse d’une loi pour défendre la filière sidérurgique. En avril 2013, les hauts fourneaux sont définitivement mis à l’arrêt. Une loi est bien adoptée mais, contrairement aux engagements, elle ne contient pas d’obligation pour une entreprise de céder un site rentable au lieu de le fermer. Il y a quelques jours, lors d’une interview accordée à France 3, Emmanuel Macron certifiait tout faire pour qu’Ascoval soit sauvé, peser de tout son poids dans le dossier de cette aciérie du Nord placée en redressement judiciaire. C’est au combat des trois cents ouvriers du site de Saint-Saulve, mobilisés pour la sauvegarde de leurs emplois, que s’intéresse Eric Guéret (Trans, c’est mon genre, Sécurité nucléaire, le grand mensonge). En sursis, ils disposent de quelques mois, pour « augmenter la productivité, se rendre plus sexy afin de trouver un repreneur ». Immergé à leurs côtés depuis un an, le réalisateur suit pas à pas les étapes de cette course inexorable pour défaire la malédiction. Moments de doute, de lassitude, d’espoir mais aussi de dissensions…, le film capte au plus près les ressacs émotionnels de ces hommes, fiers de leur savoir-faire, contraints à la flexibilité, aux sacrifices financiers. « Ils nous font du chantage mais on n’a pas le choix » constatent-ils, lucides et amers. Réflexion sur la capacité — la volonté politique plutôt — de préserver l’industrie française, le film s’arrête trop tôt pour dire si l’aciérie Ascoval échappera à la longue liste des sites ayant cédé la place aux friches.
 
Chargement...
Chargement...