Jusqu'à la garde

Canal+
23/02/19 ~ 10:50 - 12:23

En plein divorce, Miriam et Antoine Besson se déchirent à propos de la garde alternée de leurs enfants. Sous ses airs bourrus, il semble aimant; il vient d’ailleurs de demander sa mutation pour se rapprocher de son fils. La juge tranche et, ce malgré la lettre sans appel de Julien, 11 ans, qui refuse de revoir son père : elle oblige l'enfant à passer un week-end sur deux avec lui. Entre sa mère qui le force à mentir et son père qui veut l’utiliser pour se rapprocher de son ex femme, l'enfant va essayer de protéger sa famille et de ménager Antoine dont le caractère se montre plus qu'inquiétant... Critique : La violence est d’abord étouffée. Nous sommes dans le bureau de la juge. Chaque mot compte. Il est question de la garde du fils, Julien, 11 ans, qui préfère rester chez sa mère. Son père, meurtri de ne pas le voir, demande la garde par­tagée. L’avocate de la mère parle de « grande insécurité ». Sa con­sœur réagit, avance des arguments con­vaincants. On en vient à douter. Entrée saisissante. Par son réalisme, ses silences, son sens de la durée, la justesse tranchante des dialogues. La violence conjugale, fléau rarement traité au ­cinéma, Xavier Legrand l’aborde de front. C’est un thriller, domestique et familial. Le père est un danger. Oppresseur, tortueux. L’enfant, sur le qui-vive, cherche à protéger sa mère en ayant peur lui aussi. Il est poignant, ce gamin, rendu extrêmement émouvant grâce au jeu de Thomas Gioria et par le regard que Xavier Legrand pose sur lui. Sur tous ses personnages, d’ailleurs, y compris le père, colosse malheureux, qui cogne sur sa propre impuissance. Face à lui, Léa Drucker s’impose en femme dense, tétanisée parfois mais prête à parer, qui se cuirasse. Car c’est bien un combat qu’elle mène, face à un risque d’invasion. D’emprise : un moment, son mari, anéanti, l’enlace pour être consolé ou pour la broyer, on ne sait pas. L’étau se resserre dans un crescendo terrorisant.
 
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