Journal de ma tête

Arte
Journal de ma tête
20/07/18 ~ 20:55 - 22:05

Avant d'abattre froidement ses parents, Benjamin Feller, 18 ans, envoie à sa professeure de français son journal intime dans lequel il explique ce double meurtre. Interrogée par la justice, l'enseignante est confrontée à ses propres doutes. Elle se demande pourquoi elle n'a pas su anticiper le drame... Critique : Imaginée par un collectif de cinéastes romands — Ursula Meier, Jean-Stéphane Bron, Frédéric Mermoud et Lionel Baier, réunis au sein de la maison de production Bande à part Films —, la collection Ondes de choc revient sur quatre faits divers survenus en Suisse. Dans cet excellent premier volet, la réalisatrice de L’Enfant d’en haut évoque la relation trouble entre une professeur de français et l’un de ses élèves, emprisonné après avoir assassiné ses parents. Ce qu’elle filme, c’est une tempête sous un crâne. Dès l’ouverture, sa tête semble exploser sous son casque de moto. Plus tard, il la cogne contre un mur, comme pour en expulser les pulsions meurtrières. Avant de passer à l’acte, le tueur a écrit son journal intime. D’où une fascinante querelle sur l’interprétation du texte. La prof, qui encourageait ses étudiants à écrire, le lit comme n’importe quelle prose d’adolescent souffrant d’un complexe d’Œdipe. Le juge le considère, en revanche, comme la confession d’un esprit détraqué et accuse l’enseignante de laxisme. Les mots font-ils rempart à la folie ou accélèrent-ils le processus ? Le téléfilm bénéficie aussi de la remarquable performance des comédiens : Fanny Ardant, bouleversante en vieille dame assaillie par un doute existentiel, et Kacey Mottet Klein, acteur fétiche de la cinéaste, entre ahurissement et démence.
 
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