#jesuislà

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24/02/21 ~ 09:55 - 11:30

Restaurateur au Pays Basque, Stéphane mère une vie tranquille auprès de ses deux fils devenus grands. Sa vie bascule quand il tombe amoureux de Soo une jeune Sud-Coréenne, via les réseaux sociaux. Il change ses habitudes, décroche les animaux empaillés aux murs de son restaurant car Soo adorent les bêtes, se met à la boxe et se met à acheter des tableaux notamment des paysages coréens. Ses proches ne le reconnaissent plus et ses fils lui reprochent de plus en plus son manque d'attention. De plus en plus attiré par Soo, Stéphane décide de lui rendre visite par surprise et saute dans un avion. Sur place, il va de suprise en surprise... - Critique : Pour On aime beaucoup Stéphane a tout pour être heureux : son restaurant « typique » dans le Sud-Ouest, hérité de son père, marche bien, ses deux fils sont grands et la nature environnante rendrait jaloux tout citadin en quête d’authenticité. Pourtant, tombé amoureux d’une mystérieuse Coré­enne rencontrée sur Instagram, ce jeune sexagénaire décide, sur un coup de tête, de la rejoindre à Séoul. De quitter un décor qu’il n’a pas choisi, nappes blanches et têtes de sangliers au mur, pour aller voir des cerisiers en fleur. Mais, à l’aéroport, personne ne l’attend. Ou plutôt si : des rencontres et une célébrité auxquels il ne s’attendait pas… Après le triomphal La Famille Bélier, Éric Lartigau s’adjoint l’aide de Thomas Bidegain (le fidèle scénariste de Jacques Audiard) pour une fable à la fois ultra moderne et simple comme bonjour sur le thème du « moi » social. Dès le début, le charme d’Alain Chabat agit, pierre angulaire du film, mélange de bonhomie gamine et de distraction mélancolique. Décidant de rester dans cet aéroport de Séoul, véritable ville hors du temps, Stéphane est rattrapé par une autre manière d’être au monde : les réseaux sociaux. Et, belle idée, son attente de l’amour devient virale — pour une fois, un réalisateur réussit à intégrer les messages et autres « Like » à l’écran de façon élégante. Mais c’est surtout le goût des autres que le voyageur redécouvre : une dame, agent d’entretien, le prend sous son aile, un chef coréen lui apprend d’autres recettes de canard, et il trinque avec une bande de jeunes sportifs de l’équipe nationale. Chaque rencontre, même fugace, existe grâce à des selfies qui vantent la beauté des gens. On est presque triste quand Chabat quitte cette partie du film, ce mini- Lost in translation, pour, enfin, être confronté à celle qui a tout provoqué et la suivre dans une errance plus touristique. Mais ce visage de femme, joliment incrusté à l’image par Éric Lartigau comme un nuage dans le ciel, et l’ivresse des cerisiers lui ouvriront la plus souriante des perspectives de retour dans son Sud-Ouest originel : être enfin soi. — Guillemette Odicino Contre On n'aime pas Éric Lartigau s’appuie en partie sur une fausse bonne idée : celle du séjour forcé à l’aéroport. Pourquoi attend-il là et non en ville ? On a du mal à croire à ce personnage de gentil restaurateur, un brin naïf, qui part à la rencontre de lui-même. Le soutien de la jeune femme pleine de bon sens « avé l’assent » du Sud-Ouest (pourquoi avoir choisi Blanche Gardin ?) frise la caricature. Le scénario donne l’impression de chercher à réunir le maximum d’éléments aimables : les plaisirs de la table, la magie du virtuel, l’exotisme de la Corée, du désenchantement chic mais pas trop… Le film se veut doux, pudique, rêveur. Il est surtout artificiel, invraisemblable et raté. — Jacques Morice