Jean-Christophe & Winnie

Canal+
08/04/20 ~ 08:10 - 09:50

Quand il était petit, Jean-Christophe avait des amis très particuliers : Winnie l'ourson, Tigrou, Porcinet et Bourriquet, des animaux en peluche. Il leur avait fait la promesse de ne jamais les oublier même une fois adulte. Les années ont passé et il a quitté la forêt de Rêves bleus pour Londres où il vit avec sa famille. A cause d'un patron exigeant, il travaille trop et néglige les siens. C'est alors que Winnie réapparaît comme par miracle dans sa vie. Ensemble, ils repartent à la forêt des Rêves bleus où Jean-Christophe prend conscience qu'il doit changer son existence. Il revient à Londres, bientôt suivis par ses amis, décidés à l'aider... - Critique : A l’origine personnage de littérature jeunesse – il a été créé en 1926 par le Britannique Alan Alexander Milne –, puis héros de films pour enfants en URSS, Winnie reste fortement associé à l’univers Disney. Entre Les Aventures de Winnie l’ourson (1977) et Winnie l’ourson (2011), le plantigrade a été la vedette de plusieurs longs métrages et séries télévisées d’animation. Cette nouvelle adaptation est un crève-cœur. Les nounours aux couleurs vives des dessins animés disparaissent au profit de peluches poussiéreuses en images de synthèse, auxquelles des acteurs en chair et en os donnent la réplique. Leur énergie – bondissante pour Tigrou, gourmande pour Winnie, bégayante pour Porcinet – se dilue dans un film d’époque à la photo défraîchie et aux enjeux martelés : ne pas perdre son âme de gamin, même dans le monde des adultes. Jean-Christophe (Ewan McGregor, mal à l’aise), le propriétaire de Winnie, a désormais grandi et travaille dans une fabrique de valises. Au bord du burn out, il délaisse sa femme, sa fille et, bien sûr, son imaginaire de petit garçon. Marc Forster, qui continue son parcours atypique entre films d’action bourrins (Quantum of Solace, World War Z) et productions jeunesse, s’avérait plus inspiré dans Neverland (2004), biopic sur l’auteur de Peter Pan, autre portrait d’homme-enfant. Si le tournage en prises de vues réelles – politique du moment chez Disney – reste pertinent lorsqu’il permet de revitaliser les classiques (le remake de Peter et Elliott le dragon, en 2016), il l’est nettement moins quand il leur fait subir un vieillissement prématuré.