Je dis donc je suis

France 2
19/02/19 ~ 23:50 - 00:55

Apprendre à penser librement, à argumenter, à avoir confiance en soi, c'est tout ce que souhaite Mathilde Levesque à ses élèves de seconde. L'objectif de cette professeure de français à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, dépasse largement l'étude des textes classiques. Dans ses cours, on parle de Pierre Bourdieu, de chant lyrique, de sophrologie et d'éloquence : un véritable laboratoire pédagogique. Loin des clichés qui collent à la banlieue, sans pour autant verser dans l'angélisme, ce film, tourné durant toute une année scolaire, nous fait découvrir des adolescents qui, peu à peu, affirment leur expression et leur mode de pensée. Critique : « Ce qui me plaît chez eux, c’est qu’ils ne prennent rien pour argent comptant, ils sont curieux, il y a très peu de choses qui ne les intéressent pas. » Mathilde, professeure de français au lycée Voillaume d’Aulnay-sous-Bois, ne se contente pas d’enseigner les classiques. Dans son cours, on débat de tout, tout le temps, mais pas n’importe comment. Marie Bonhommet a filmé les élèves d’une classe de seconde se frottant à l’art de la rhétorique, de la critique et de l’argumentation. Si l’objectif est de briller lors d’un concours d’éloquence (sujet en vogue depuis les films A voix haute et Les Débatteurs…), on comprend qu’il se joue là un cheminement d’une autre ampleur. La parole, ainsi façonnée, brise des barrières invisibles : le manque de confiance en soi, la tendance à se complaire dans les stéréotypes du quartier… Dans une séquen­ce pertinente, la professeure insiste sur l’effet produit par le parlé « wesh-­wala » —, avec humour et en convoquant Pierre Bourdieu… Les instantanés saisis dans la classe mais aussi dans un contexte intimiste donnent à voir l’évolution du regard que les ados portent sur eux-mêmes. On y lit la fierté, l’envie, aussi, de s’inventer un avenir en grand.