J'ai décidé de mourir

LCP
27/10/18 ~ 23:30 - 00:30

Anne Bert est atteinte de la maladie de Charcot. Une pathologie dégénérative, incurable, qui la condamne à la déchéance physique puis à la mort. Mais Anne Bert a refusé cette fatalité : elle a fait le choix de l'euthanasie en Belgique, où elle s'est éteinte en octobre 2017. Pendant les six derniers mois de sa vie, elle accepté à ses côtés la présence d'Antoine Laura, qui a filmé ses dernières semaines. Critique : « Elle est pas facile, la petiote. » Le moins que l’on pouvait dire d’Anne Bert, c’est son compagnon, Rémi, qui le déclare, face caméra, quelques mois avant la mort de sa femme. Souffrant de l’irréversible maladie de Charcot, l’écrivaine avait décidé qu’elle interromprait son existence le jour où, prisonnière de son corps, elle ne pourrait plus manger ni faire sa toilette seule. Informé de son projet, le réalisateur Antoine Laura lui avait demandé l’autorisation de filmer ses derniers mois ; tout à son désir de faire avancer la réflexion sur l’euthanasie, Anne Bert, auteure du Tout Dernier Eté (éd. Fayard), avait accepté. Pour être utile, son combat devait se poursuivre jusqu’après sa mort — le 2 octobre 2017, en Belgique. Tout au long de ce compte à rebours baigné de soleil, la presque sexagénaire fait preuve d’une impressionnante honnêteté intellectuelle. Tenue à distance respectable, la caméra la regarde rayonner sur les siens, exigeante, inébranlable, quasi autoritaire. Le pathos ne tient ici aucune place — Anne Bert n’aurait pas laissé sa dignité être entamée —, et rien, pas même la beauté de la lumière, n’était de nature à la faire chanceler. Pas plus que ses proches, on ne doute du bien-fondé de sa décision. Mais à voir la fermeté dont il lui a fallu faire preuve, on mesure à quel point la décision d’abréger ses jours n’est pas à la portée de la première venue.
 
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