Ice Storm

Arte
25/03/19 ~ 22:40 - 00:30

Deux familles du Connecticut implosent quand la libération sexuelle des seventies les incite à passer à l'acte. Sur cette évocation finement ironique, parfois cinglante, d'adultes et d'ados de la middle class complètement déboussolés Ang Lee greffe un épilogue, glaçant et tragique, d'une bluffante maîtrise visuelle. Critique : Premier film américain d’Ang Lee, qui, depuis, n’a cessé d’aller et venir entre l’Asie (Tigre et Dragon) et l’Amérique (Brokeback Mountain), Ice Storm est une évocation des années de libération sexuelle en Amérique, du côté des banlieues petites-bourgeoises. Deux familles voisines expérimentent le grand changement de mœurs en cours, avec divers effets secondaires. Chacun, parent ou enfant, est sujet à un étrange dérèglement. Une mère de famille vole machinalement cinq bâtons de rouge à lèvres. Une autre disparaît de chez elle au moment où son amant lui rend visite. Un père rentre à la maison sans parvenir à attirer l’attention d’aucun membre de la famille… Ces signaux, distillés au fil de saynètes ironiques, acides, acheminent le récit vers la tempête de glace promise par le film, où se déchaînent les pulsions, les affects et les éléments naturels. Mais, sous les apparences moralisatrices du dénouement, le film met sévèrement à mal la famille traditionnelle. « Plus on s’y replie, plus on s’y noie », résume le jeunot Tobey Maguire, narrateur adolescent de ce conte d’hiver.