Human Bomb

C8
14/05/18 ~ 23:00 - 00:46

Le 13 mai 1993, un homme s'étant donné le nom de code HB - human bomb - fait irruption dans une classe de maternelle à Neuilly à 9h30. Couvert d'explosifs, il prend la classe en otage. HB réclame une énorme somme d'argent. Quarante-six heures plus tard, l'assaut est donné et l'homme est abattu... Critique : Docu-fiction réalisé par Patrick Poubel, écrit par Jérôme Dassier (France, 2007). Avec Jean-Chrétien Sibertin-Blanc : Eric Schmitt. Frédéric Quiring : Nicolas Sarkozy. 95 mn. Inédit. Au matin du 13 mai 1993, un homme cagoulé prend en otage une classe d'école maternelle à Neuilly. « H.B. » - pour « Human Bomb » - menace de faire sauter ses explosifs si on ne lui donne pas 100 millions de francs... Huis clos étouffant, enfants menacés de mort : l'affaire H.B., qui avait tenu la France en haleine pendant quarante-six heures, cumule tous les ingrédients d'un puissant film à suspense. La perspective d'un docu-fiction associant scènes reconstituées avec comédiens, interviews et images d'archives semblait donc étrange, d'autant que ce fait divers ultramédiatisé avait déjà inspiré plusieurs documentaires. Les premières séquences, dramatisées à l'extrême avec zooms agressifs et musique angoissante, font craindre le pire. Et pourtant, le mélange des genres finit par convaincre, notamment grâce aux témoignages des parents, dont le récit émouvant et sans langue de bois offre un contrepoint salutaire aux reconstitutions rentre-dedans de Patrick Poubel. Si le scénario passe trop vite sur la personnalité complexe d'Eric Schmitt, alias H.B., il a le mérite de rappeler les polémiques sur la mort du preneur d'otages, ainsi que les tensions entre les policiers du Raid et le procureur Pierre Lyon-Caen. La prestation plus vraie que nature de Frédéric Quiring dans le rôle de Nicolas Sarkozy mérite également un coup de chapeau. En particulier les séquences, garanties authentiques, où le futur chef de l'Etat négocie la libération des enfants comme un marchand de tapis... Samuel Douhaire