House by the River

France 5
05/02/19 ~ 01:00 - 01:05

En tuant accidentellement sa domestique, qu'il tentait de violer, un écrivain raté est pris dans l'engrenage du meurtre, dans lequel l'entraîne sa folie. Une œuvre envoûtante et obsédante, à l'image du fleuve dont les eaux semblent refléter le tourment des âmes perdues. Critique : Fritz Lang, devenu citoyen américain, a toujours eu peur de manquer de travail. Le voilà donc qui accepte de travailler pour la peu renommée Republic Pictures, dans une économie pauvre, mais avec une certaine liberté. De fait, le film est une exceptionnelle fable néo-gothique et néo-expressionniste 100 % langienne, un film dont les obsessions poisseuses, par exemple un marais limoneux où le héros assassin cherche en trébuchant à retrouver le corps de sa victime, poursuivent longtemps le spectateur. L’action met en scène un écrivain raté tuant, plus ou moins par accident, la domestique qu’il a tenté de séduire, et se retrouvant hanté par la culpabilité. Tout se passe sans cesse entre chien et loup, à la faible lueur de bougies ou de lampes à pétrole que chacun ne cesse d’allumer et d’éteindre, au point que les personnages deviennent des ombres fantomatiques. A force de le voir au détour de l’escalier prendre la bonne pour sa femme (et inversement), on se ­demande qui notre antihéros veut réellement tuer, et s’il ne confond pas la réalité avec un espace mental brumeux… Nous sommes tous des coupables en puissance, suggère une fois de plus Fritz Lang.