Histoire secrète de l'antiterrorisme

France 2
13/11/18 ~ 21:00 - 23:45

Depuis plus de 30 ans, ils luttent dans l'ombre contre les réseaux du terrorisme islamiste. Les principaux responsables de la lutte antiterroriste en France expriment dans le détail les secrets de leur combat et évoquent leurs échecs comme leurs réussites. Leur récit collectif apporte un témoignage sur l'évolution des menaces et la manière dont le dispositif antiterroriste s'est adapté pour faire face à plusieurs vagues d'attentats meurtriers. De l'attentat de la rue des Rosiers en 1982 à ceux de 2015-2016, ils en disent plus sur leurs enquêtes. Ce sont de hauts dirigeants des services de renseignement, des procureurs, des juges, des responsables de la police nationale, de la gendarmerie et des patrons des unités d'élite. Nombre d'entre eux ne se sont jamais exprimés. Critique : De l’attentat de la rue des Rosiers, en 1982, jusqu’aux attaques survenues à Carcassonne et Trèbes en mars dernier, comment la France répond-elle au terrorisme qui frappe son sol depuis plus de trente ans ? C’est ce qu’ont voulu comprendre Patrick Rotman et Vincent Nouzille dans ce documentaire-fleuve qui balaie, trois ans après les événements du 13 novembre 2015, des années de menaces, d’enquêtes et d’organisation laborieuse des services de police. Le tableau impressionne tout d’abord, par le casting de témoins qu’il réunit (tous les patrons de l’antiterrorisme français sont là), la franchise dont ceux-ci font preuve face caméra, et l’habilité avec laquelle le film reconstitue les enjeux géopolitiques successifs (iraniens, algériens, afghans, syriens…) et l’évolution des risques. Au fil des ans, la France passe en effet d’un terrorisme d’Etat à la menace, plus diffuse, d’un terrorisme islamiste mené par ses propres ressortissants. Une donnée reste inchangée : la mésentente des différents services, aux conséquences parfois désastreuses. Consacrée à l’après-Mohammed Merah, la dernière partie du doc change cependant de ton, en laissant plus de place au récit dramatisant des derniers attentats (déjà vu, lu, entendu cent fois) et en abandonnant tout regard critique face au discours prônant la surveillance à tout prix. Rien sur les effets pervers de l’état d’urgence proclamé en 2015 (et passé l’année dernière dans le droit commun), ni sur le rétrécissement des libertés fondamentales. Une ambiguïté renforcée par le discours des différents intervenants qui, face à la menace, appellent désormais à une action « globale et collective de tous les citoyens ».
 
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