Hier

Arte
14/12/20 ~ 02:55 - 04:45

À 50 ans, l'homme d'affaires suisse Victor Ganz dirige une florissante entreprise de bâtiment et de travaux publics, active dans le monde entier. Des irrégularités survenues sur l'un de ses chantiers au Maroc l'obligent à se rendre sur place, malgré ses réticences. Il connaît en effet la région, pour y avoir vécu des années auparavant - une période difficile de sa vie, qu'il a tenté d'effacer de sa mémoire. Mais à mesure que Victor retrouve des lieux familiers, les réminiscences l'envahissent. Un souvenir en particulier l'obsède : celui d'une femme autrefois aimée et brusquement disparue sans laisser de traces. Persuadée de l'avoir aperçue, il se lance dans une quête effrénée dans l'espoir de la retrouver. - Critique : Exclusivement sorti en Hongrie, ce premier long métrage d’un natif de Budapest suit les traces d’un pdg suisse à la tête d’une entreprise de travaux publics. Quand il débarque au Maroc, ce quinquagénaire dont l’épouse et la fille sont restées au pays aperçoit une ancienne amante. Il se met à la recherche de ce passé soigneusement refoulé, autrement dit du jeune homme qu’il était. Ce qui revient en l’occurrence à endosser l’identité d’un mort, à l’image du héros de Profession : reporter (Michelangelo Antonioni, 1975), auquel le film voudrait ressembler. En chemin, le bourgeois empâté croisera un ministre corrompu, un truand local et un professeur foldingue, mi-zoologiste, mi-anthropologue (attention, quête existentielle !). Son errance invraisemblable, marche en costard dans le désert comprise, se joue en plans-séquences poseurs, interminables. Le cinéaste ne trouve jamais la bonne distance avec ses personnages, plaçant la caméra soit trop loin, soit trop près — une suture en gros plan. La présence de Vlad Ivanov, acteur roumain vu récemment chez László Nemes (Sunset) et Corneliu Porumboiu (Les Siffleurs), n’y change rien.