Heil

Arte
17/08/20 ~ 01:15 - 02:55

En tournée dans l'est de l'Allemagne pour promouvoir son dernier livre, l'auteur métis Sebastian Klein est agressé par un groupe de néonazis et en perd la mémoire. Désorienté, il devient le porte-parole d'un groupuscule d'extrême-droite et de son leader, Sven, qui l'emmène déclamer des discours tendancieux sur les plateaux de télévision. Sven se met à voir les choses en grand et se prend à rêver d'envahir la Pologne... - Critique : Genre : comédie politique. Après s’être attaqué aux cathos intégristes dans Chemin de croix (2014), Dietrich Brüggemann s’en prend aux fachos dans cette satire récente, sortie uniquement dans les salles allemandes. Bonne nouvelle : le cinéaste a plus d’une corde à son arc. Ici, l’humour remplace la mise en scène corsetée, tout en plans fixes, de son précédent film. Dès l’ouverture, scène de rue efficace avec militant néonazi, policier et journaliste, un long plan-séquence sert une mécanique comique. La farce a le mérite de prendre à bras-le-corps un véritable problème de société outre-Rhin. Avec une énergie de sale gosse, irrévérencieux et nihiliste, le cinéaste tourne en ridicule l’extrême droite allemande, tendance NPD, avide de pouvoir et obsédée par son image — le nazi hipster. Mais il brocarde aussi, dans une moindre mesure, l’Etat, les médias et la gauche antifasciste, impuissants à endiguer la montée du néonazisme en ex-RDA. Le tout dans un joyeux cocktail d’absurde et de gags façon cartoon — comme cette amnésie déclenchée par un coup sur la tête… Les dernières scènes, montrant une guerre entre factions rivales sur fond d’invasion de la Pologne, ont des accents ubuesques.